Histoire

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L'Union sportive musulmane algéroise est donc née et était prête à participer, en 1938, au championnat de troisième division. À cette époque, beaucoup de joueurs avaient émis le vœu de venir dans ce club, malheureusement, la règlementation (licence B) le leur interdisait. De plus, tous les clubs engagés devaient avoir un stade pour la compétition. Un critère pour lequel la fédération d'alors se montrait intransigeante. Voilà ce que fit Kemmat devant ces deux problèmes : « La fédération de l'époque exigeait un contrat avec un stade d'une durée minimum de cinq ans. Ceci pour assurer le déroulement des compétitions. J'avais contacté les dirigeants de l'O. Pointe Piscade (l'actuel Raïs Hamidou) et nous nous étions entendus pour lui verser annuellement cinq mille francs. Pour l'argent, inutile de vous dire d'où il provenait », ajouta-t-il avec un soupir qui en dit long sur l'état d'esprit qui régnait en ce temps-là. Voulant rapporter plus de détails sur cette licence (B), sourire en coin, El-Hadj confia : « Nous nous étions sciemment affiliés à la Fédération sportive de gymnastique du travail (FSGT) la première saison. Du coup, lorsqu'on passa à la Fédération de football précisément, il n’y avait plus aucun obstacle. Tous ceux qui voulaient opter pour l'USMA pouvaient le faire. Il n'y avait aucun empêchement. On débuta donc en troisième division et on termina à la troisième place. Ce n'était pas si mal pour un début. Quant à l'argent, il provenait tout simplement des quêtes, des dons, des recettes des fêtes que l'on organisait. Les autres clubs amis nous prêtaient gracieusement les équipements, les terrains pour les entraînements. Voilà les ressources de l'USMA de l'époque. Il faut vous dire aussi qu'en ce temps-là, le joueur payait sa cotisation, son équipement et même ses… déplacements ». Combat politique, le sport «indigène» devait survivre et les sacrifices ne se comptaient plus. Puis arrive la Guerre mondiale, la seconde, plus cruelle que jamais. La compétition officielle est arrêtée. Un championnat symbolique la remplace. Deux groupes sont créés. L'USMA se trouve avec le Gallia, le RUA, l'autre groupe comprend le MCA, l'ASSE entre autres. Cela dura trois saisons. 

Avant de poursuivre ses propos, Hadj Kemmat passa la main dans ses cheveux, tira une bouffée de sa énième cigarette et ajouta : « C'était une façon de nous faire connaître et les résultats ne se sont pas faits attendre.  Ibrir Abderahmane, ancien demi-centre de l'ASTA, est devenu gardien de but chez nous et a même connu sa première sélection d'Alger sous nos couleurs. D'autres, séduits par le club, l'ont suivi. Il y a eu Zitouni Hassen, Zouaoui Rabah, Mahmoudi SmaÏn - un ailier vif comme l'éclair, bien qu'il boitait d'une jambe - tous du MCA. Nacri M'hamed et Houari du GS Orléansville (actuel Chlef), Berkani de l'O Tizi Ouzou, et beaucoup d'autres encore… »  L'USMA est un club connu malgré le peu de moyens qu'elle possédait.  La reprise des compétitions officielles survient en 1942. 

Pour la saison 1942-43, l'USMA revient en troisième division selon la réglementation en vigueur.  L’ancien secrétaire général de l’USMA poursuivit : « Les règlements le stipulaient.  Vous pensez bien, faire une faveur à un club musulman était inimaginable. Néanmoins au bout de cette saison, l'USMA accède en deuxième division avec Mustapha El-Kamal comme entraîneur.  Que dis-je, il était plus que cela, un éducateur, un père pour tout le monde. La mentalité qu'il inculquait devait nous servir bien longtemps après son départ. Un grand homme assurément.  Son image est encore vivante là où il est passé. » L'USMA accède par la suite, en 1951, en première division avec les Krimo, les frères Azzouz, Chabli, Benhaik…

 

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